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Imaginez une voiture qui fonctionnerait sans avoir besoin de faire le plein ou de la recharger en énergie. Imaginez une maison auto-suffisante, dont tous les besoins énergétiques seraient comblés par une petite quantité de combustible permanent de la taille d’une boule de pétanque. Une utopie? Peut-être pas…

Le thorium serait, selon ses partisans, une énergie nucléaire propre qui ne produit quasiment aucun déchet et totalement sans danger pour la vie terrestre. Mais, bien évidemment, l’opposition des lobbies de l’énergie et de la défense ont empêché son essor tout au long de l’histoire du développement du nucléaire.

Le documentaire de Myriam Tonelotto nous présente cette énergie très peu connue du grand public. Le thorium, trois fois plus abondant que l’uranium, se trouve presque à la surface de la Terre et produit cent fois moins de déchets. Toujours selon ce film documentaire, le thorium contiendrait tellement d’énergie qu’un fragment de la taille d’une boule de pétanque suffirait amplement à produire l’énergie nécessaire consommée durant toute la vie d’un individu! Incroyable! Aurait-on enfin trouvé la solution à nos besoins énergétique en augmentation constante?… Malheureusement, c’est sans compter les lobbies de l’énergie qui ont massivement misé, eux, sur l’uranium et qui veulent voir un retour sur leurs investissements!

Mais peut-être qui si nos centrales fonctionnaient avec des réacteurs à sels fondus de thorium, Tchernobyl et Fukushima ne seraient que de mauvais scenarii de films catastrophes de seconde zone… Allez savoir, à vous de juger:

Une énergie nucléaire sans danger ni déchets, c’est la promesse, longtemps sabotée par les lobbies de l’énergie et de la défense, que brandissent les partisans du thorium. Ce combustible alternatif, découvert à la fin du XIXe siècle, représente-t-il une piste sérieuse pour échapper aux dangers et à la pollution induits par l’utilisation du plutonium par l’industrie atomique ?

Une énergie nucléaire “verte” ? Au début de la série Occupied, diffusée par ARTE fin 2015, le nouveau chef écologiste du gouvernement norvégien, pour mettre un terme à l’exploitation pétrolière, inaugurait une centrale fonctionnant au thorium. Une hypothèse nullement fictive, selon ce documentaire, qui montre combien ce combustible alternatif, découvert à la fin du XIXe siècle et répandu sur toute la planète, représente une piste sérieuse pour échapper aux dangers et à la pollution induits par l’utilisation du plutonium par l’industrie atomique. Si le nucléaire n’avait pas été inventé pour bombarder Hiroshima et propulser des flottes militaires, nos centrales fonctionneraient sans doute aujourd’hui avec des réacteurs à sels fondus de thorium. Tchernobyl et Fukushima seraient peut-être restés des points anonymes sur la carte du monde. La surexploitation de l’énergie fossile aurait probablement cessé beaucoup plus tôt, et le changement climatique se révélerait moins alarmant qu’il ne l’est aujourd’hui…

La Chine à l’avant-garde ?

Pour réaliser ce scénario, qui semble aujourd’hui utopique, il aurait peut-être suffi de s’intéresser vraiment aux travaux visionnaires du physicien américain Alvin Weinberg qui, après avoir participé à la fabrication de la bombe atomique, a voulu travailler sur une utilisation civile et pacifique de l’atome. Il s’est acharné de 1945 à sa disparition, en 2006, à inventer les conditions d’une énergie nucléaire propre reposant sur des réacteurs révolutionnaires et sur l’extraction du thorium. Mais les intérêts liés aux lobbies de l’énergie et de la défense en ont décidé autrement. Les États qui ont opté pour l’énergie atomique ont longtemps cherché à étouffer l’éolien et le solaire, et aucun n’a voulu prendre en compte les problèmes bien connus d’enfouissement des matières fissiles. Aujourd’hui, pourtant, l’idée d’un recours à des combustibles nucléaires liquides et à des réacteurs à sels fondus refait surface, défendue par le monde de la recherche et même par des écologistes combattant l’industrie nucléaire. Le gouvernement chinois a décidé d’investir 350 millions de dollars pour étudier cette filière révolutionnaire. La Fondation de Bill Gates s’y intéresse aussi. L’Europe va-t-elle rester à la traîne ? Un voyage teinté d’espoir vers la face gâchée du nucléaire.

Source: Arte+7

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