Depuis des millénaires l’homme cherche à développer ses aptitudes à soigner, il s’essaye à guérir ses semblables et tente d’intercéder, notamment par la prière, auprès du monde des esprits pour obtenir de l’aide.

De nombreuses croyances et une multitude de pratiques différentes se sont développées sur la planète au fil du temps. Mais l’essence même de ces pratiques relève partout des même fondements. Le chamanisme est centré sur l’intercession entre les êtres humains et les esprits de la nature: les âmes du gibier, les morts du clan, les âmes des enfants à naître, les âmes des malades à ramener à la vie, etc.

Traditionnellement, le chamane (ou “chaman”, “shaman”) incarne donc une fonction de médiateur, dans le cadre d’une interdépendance étroite avec la communauté qui le reconnaît comme tel. Le chamane travaille avec les esprits de la nature. Il intercède pour quelqu’un auprès du monde invisible. Sa perception conçoit la Terre et l’Univers comme une entité vivante, unifiée, qui dépasse l’expérience humaine limitée. Le chamane est l’initié et le dépositaire de la culture, des croyances du peuple dont il est issu. Ce système de croyances est certainement la plus ancienne tradition spirituelle dans le monde. Ses origines remontent probablement à la nuit des temps, dans les pratiques préhistoriques de l’humanité.

Chamanisme et modernité

L’engouement actuel pour le chamanisme suscite quelques interrogations… Le néo-chamanisme ne travestit-il pas le sens profond du chamanisme traditionnel en le vidant de ses fondements? Utiliser les rituels chamaniques comme de simples techniques cognitives et mystiques au service de l’individu est, dans son essence, contraire au rôle premier du chamanisme, celui du maintien de l’équilibre social…

La science, la religion, la rationalisation du monde moderne, notre société de consommation, totalement déconnectée de la nature, considèrent certainement le contact avec le « monde des esprits » comme irrationnel. Certains refusent même de discuter de son éventuelle nature religieuse, la considérant comme une imposture.

Nous pouvons toutefois tirer un parallèle certain entre l’enthousiasme moderne pour le chamanisme et la désaffectation du mysticisme des grands courants religieux, la pression et les contraintes écologiques planétaires, l’impuissance de la médecine devant la mort, sans oublier l’échec de la société industrielle porteuse des illusions de «progrès»…

Une chose est sûre, lorsque l’homme est sincèrement en quête du sens de la vie, qu’il se met en chemin et explore le monde spirituel, il est appelé à se questionner sur l’existence d’un « Créateur », d’un « Esprit primordial », d’une force de création dotée d’une « volonté » qui le dépasse et le transcende.

Le chamanisme nous rappelle notre lien millénaire aux mondes végétal, minéral, animal et humain. Il nous rappelle le pacte que la vie terrestre a passé avec le cosmos et avec l’infini. Ancré dans notre mémoire collective la plus profonde, ce moyen de communion avec « Le Grand Tout » est respectable et infiniment sacré.

De nos jours, la fonction du chamane est encore très ancrée dans la société et reste bien vivante. Il existe un savoir transmis de génération en génération et que certains appellent « Le Secret ». Bien au-delà d’un effet de mode, on peut même constater que depuis toujours, lorsque la médecine ou la religion s’avouent impuissantes, l’homme se tourne vers l’irrationnel, le surnaturel et le msysticisme. Du rebouteux au guérisseur, de la prière à l’imposition des mains, nous attendons alors l’aide d’un homme ou d’une femme qui pourrait intercéder en notre faveur auprès de cette source infinie de guérison.

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