«Surendettés, et si demain c'était vous?»

Temps Présent · Emission du 19 janvier 2017

Jusqu’à présent, un surendetté, c’était forcément quelqu’un qui l’avait “bien cherché”: jeune de préférence, dépensier… cumulant les petits crédits et la mauvaise gestion. Or, les offices des poursuites en Suisse voient de plus en plus affluer des personnes victimes d’accidents de parcours ou de vie: divorce, licenciement, maladie… Face à la caméra, ces surendettés “modernes” racontent leur chute – et leur difficile remontée – dans un pays où le surendettement tient presque de la maladie honteuse. […]

Je suis né le mercredi 19 janvier 1966… À Pully, Lausanne, Suisse. Et comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, il a fallu qu’un beau jour, je m’encouble sur une aspérité de l’existence… La boule de neige qu’a provoqué cette chute m’a conduit à m’endetter jusqu’à un point où je ne pouvais plus faire face.

Ironie du sort, c’est un 19 janvier, au soir de mon anniversaire que le hasard a voulu que le reportage «Surendettés, et si demain c’était vous?» passe à la TV, dans l’émission de Temps Présent!

La vie est cocasse parfois, vous ne trouvez pas? 🙂

Ce reportage raconte mon parcours et celui d’autres personnes qui, comme moi, se sont battues pour refaire surface. Histoire de montrer qu’il existe toujours une issue, même dans les pires moments.

Mais… Quelle incroyable expérience que de témoigner et d’être diffusé à une si grande échelle!
Je ne m’attendais pas à ça…

J’aimerais tout d’abord remercier toutes ces personnes qui m’ont manifesté leur marque de soutien, d’encouragement et de solidarité! Vous avez été tellement nombreux à me témoigner votre sympathie. La cascade de bienveillance dans ce flot de messages m’a bouleversé et profondément touché. Des centaines de courriers d’éloge célébrant mon courage et ma sincérité ont envahi tous mes moyens de communication. Des remerciements pour ce bel exemple qui leur donne du cran et de l’espoir! Des gens de tous les bords et de tous les milieux… Ce flux d’énergie est tellement savoureux!

Ne pouvant évidemment pas répondre personnellement à tout le monde, je vous en remercie ici du fond du cœur!

Un mot aussi pour Marc WolfensbergerClaudio Tonetti et leur équipe pour leur exprimer ma reconnaissance envers leur intelligence et leur délicatesse et la façon vraiment appropriée qu’ils ont eu pour m’aider à raconter mon histoire. Le résultat est là: leur reportage est excellent! Je salue votre professionnalisme et ce que vous apportez au système de l’information nationale.

Mais mes remerciements particuliers vont tout spécialement à ma femme Natalia et notre fils Félix, J’aimerais leur rendre justice, car le reportage ne mentionne jamais leur existence. La rencontre avec Natalia a été décisive et représente le tout premier déclic. Il est important pour moi de souligner que c’est aussi avec elle et grâce à sa présence, son soutien constant, que j’ai pu me sortir de cette congère. J’ai puisé l’énergie et tirer les ressources dont j’ai eu besoin dans l’incroyable force que nous apporte l’amour d’une femme et d’une famille.
Sans eux pas de reportage…

J’ai longuement hésité avant de témoigner et de me mettre à nu publiquement. Mais après avoir reçu autant de marques d’humanité, je découvre avec émotion combien les gens ont été touchés par ma démarche. Et c’est peut-être encore ça, le meilleur remède…

Une chose est sûre, toute cette belle aventure a débuté grâce à Jonathan Rochat, après la publication d’une brochure pour l’UNAFIN par le Service Social de la ville de Lausanne. Si cela vous intéresse, vous pouvez télécharger le PDF ci-dessous.

«Le 30 du mois»

Témoigner pour agir

Cette brochure présente 9 témoignages de personnes qui ont été ou qui sont confrontées au surendettement et à ses conséquences. Je salue le courage dont elles ont fait preuve en demandant l’aide de l’unité d’assainissement financier (unafin) du service social de Lausanne puis en évoquant, ici, leur parcours, leur combat.

L’unafin recourt aux possibilités que laisse la Loi sur les poursuites et faillites, telle que le règlement amiable des dettes par exemple, et elle le fait avec un professionnalisme aujourd’hui très largement reconnu, et que les pages qui suivent mettent bien en évidence.

Pour autant, le désendettement n’est pas toujours possible. Ici comme ailleurs, il vaut mieux prévenir que guérir. Cette brochure paraît à l’occasion d’une campagne qui sensibilise tout un chacun aux risques du surendettement et qui invite les personnes en difficulté à consulter nos spécialistes sans attendre une trop grande péjoration de leur situation. Il n’y a pas de honte à le faire!

Oscar Tosato

Directeur de l’enfance, de la jeunesse et de la cohésion sociale

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